vendredi 22 mai 2015

Cordonnier mal chaussé

Avant-hier, au cours d'une série de rencontres autour de la diversité des sexualités chez les jeunes, une femme travaillant pourtant dans un planning familial m'a demandé le plus sérieusement (et le plus discrètement) du monde ce qu'est la prostate et en quoi elle pouvait participer au plaisir sexuel masculin (clique, c'est bon pour toi !).

J'imagine que cette femme, quand elle intervient en cours d'éducation relationnelle et sexuelle, visualise le film érotique d'AB3 quand les élèves lui parlent de pornographie...

Set your record straight!

Comité de visionnage : "Sexualité mode d'emploi" (NSFW).

jeudi 7 mai 2015

Lettre ouverte à Bart

Comme cela fait longtemps que je n'ai pas tripoté mon clavier pour pousser un coup de gueule, en voilà un beau bien comme il faut à destination de ces messieurs-dames du gouvernement belge : parce que les chômeurs sont évidemment des fraudeurs, voilà qu'une raclure de bidet finie à la pisse (si vous me permettez l'expression) vient de décider, comme ça, vite fait sur le coin d'une table, que des contrôleurs pourront désormais rendre visite au domicile des vilains improductifs.

Sans mandat, ni rien.

Alors laissez-moi vous dire, Monsieur Tommelein, que votre mesure, j'en fais une petite boulette que je m'enfonce bien profond dans le rectum (parce que le chômeur, en plus d'être un fraudeur, est un enculé, pour reprendre les mots de Thomas Gunzig).

Pourquoi donc, mécréante ?, me direz-vous.

Et bien d'une part, cela va totalement à l'encontre des droits les plus élémentaires.
Et d'autre part, en plus de favoriser un merveilleux climat de délation, cela risque de donner des idées à des gens mal intentionnés.

Je vous donne un exemple, cher Bart (vous permettez que je vous appelle Bart ?) : je suis une femme de moins d'un mètre soixante pour 50 kg toute mouillée, et je vis seule.
Jusqu'à présent, personne n'est venu contrôler mon logement pour vérifier le linge sale et le nombre de brosses à dents, et je vous garantis que ça ne risque pas d'arriver parce que, à défaut d'avoir du boulot, j'ai encore un minimum de jugeote et qu'une femme vivant seule, surtout au dernier étage, n'a pas à laisser entrer des inconnus chez elle.

Je vois d'ici les gros titres de Sudpresse : "Une femme se fait violer à son domicile. L'agresseur se faisait passer pour un contrôleur de l'Onem".

Ça claque, non ?

Alors soyez gentil, Bart, et faites preuve d'un minimum de clairvoyance (à défaut d'humanité) : renoncez à cette mesure liberticide et apprenez à faire confiance aux gens. Que vous le vouliez ou non, les chiffres sont du côté des chômeurs : aux dernières nouvelles, il y avait en Belgique 83 000 emplois vacants pour 460 000 chômeurs complets indemnisés (et ce chiffre ne comptabilise pas les individus émargeant au CPAS).

Je vous laisse faire le calcul...

Conseil de lecture : Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier,

samedi 4 avril 2015

Risotto au chou rouge

Quoi ? Plus de deux mois d'absence ??? Mais qu'est-ce que j'ai bien pu foutre pendant tout ce temps ? Ah oui, j'étais occupée à faire le plein de théâtre et de cinéma, à me remettre les idées en place et à découvrir Montreuil pendant quelques jours. La vraie vie, quoi !
Accessoirement, je suis devenue une vraie bobo (ou plutôt "chôbo") en intégrant le groupe d'achats en commun de mon quartier. D'ailleurs, un magnifique chou rouge issu de mon tout premier panier de légumes de saison m'attendait à mon retour de région parisienne, et plutôt que de succomber à la traditionnelle salade de chou rouge aux pommes, j'ai jeté mon dévolu sur cette recette dont il me manquait la moitié des ingrédients parce que mon frigo ne contenait rien d'autre que des lardons et de la ricotta.

Du coup, j'ai improvisé avec
- un demi chou rouge
- 200 gr. de lardons
- 250 gr. de riz
- un cube de bouillon
- 250 gr. de ricotta
- un verre de porto
- des épices au pif

Et une bonne bière pour patienter...
(Pierre Albert Bégaud, "Le chou rouge")

Faites dorer les lardons dans une grande casserole.
Émincez le chou rouge en fines lamelles que vous ajoutez aux lardons. Mouillez à l'eau si besoin jusqu'à cuisson de celui-ci. Épicez comme bon vous semble (sel, poivre, noix de muscade, beaucoup de thym et un soupçon de cannelle pour moi) et réservez en gardant le jus de cuisson.
Faites revenir le riz dans le jus de cuisson en ajoutant du bouillon et le porto jusqu'à cuisson totale.
Ajoutez la ricotta, ainsi que le chou et les lardons.
Assaisonnez comme vous aimez, et bon appétit !

Fond sonore : The Stanley Brothers, "Boil Them Cabbage Down".

jeudi 22 janvier 2015

Il m'arrive...

...de rester bouche bée devant une série télévisée...
De quoi apporter de l'eau à mon moulin...
(traduction partielle en commentaire)


Comité de visionnage : "Utopia".

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Catherine

J'ai hésité à écrire ce texte. Parce que le sujet est délicat et qu'il est probable qu'il soit mal interprété...

Donc voilà : cela faisait bien longtemps que je n'avais plus ouvert le Charlie Hebdo dont l'humour en dessous de la ceinture avait tendance à m'agacer. Ce canard m'indifférait tout au plus.
Il n'empêche que l'attaque d'hier m'a fortement choquée et émue, me laissant avec un profond sentiment d'injustice et d'incompréhension. Pas au point, cependant, de me dire aujourd'hui endeuillée, car je n'ai perdu ni "amis", ni "frères", ni "proches", comme j'ai pu le lire à de nombreuses reprises dans la presse ou sur les réseaux sociaux.

Évidemment, ces événements me touchent, et je me réjouis des élans de solidarité qui en ont découlé. Pourtant, la nature humaine étant ce qu'elle est, et pour avoir assisté à des élans très similaires lors des grèves de 1995 en France, des attentats du 11 septembre 2001 ou du second tour des Présidentielles françaises en 2002, je doute de leur pérennité. Avec un peu de chance, ils dureront quelques semaines, et les bons sentiments seront rangés à la cave avec les résolutions du Nouvel An en même temps que les panneaux annonçant les soldes.

À chacun ses deuils.
Je laisse celui des douze victimes d'hier à leur entourage et reste sur mon sentiment d'injustice et d'incompréhension.

La récupération politique, c'est moche.
La récupération émotionnelle ne l'est pas moins.