mardi 12 janvier 2010

To baby or not to baby ?

Toute ma vie ou presque, l'idée-même de maternité suffisait à me retourner l'estomac (petite nature, va !). Il faut dire que je n'avais trouvé personne en qui voir un père potentiel, bien que j'y aie cru parfois. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, je doute sérieusement de devenir mère un jour, malgré cette satanée horloge biologique (que je prenais pour un mythe mais qui fait hélas partie des affres de la trentaine) dont le tic-tac incessant s'est bel et bien mis en route.

C'est que, selon moi, le désir d'enfants doit aller de pair avec une belle rencontre, histoire d'en laisser un témoignage vivant.
Parce que c'est lui, parce que c'est moi, comme disait l'autre.
Et comme j'ai passé les sept dernières années de ma vie dans des relations instables avec des hommes qui l'étaient tout autant (preuve s'il en est que je dois l'être un peu aussi), l'occasion ne s'est tout simplement pas présentée.

Je trouve épouvantables ces bonnes femmes qui, dans l'espoir naïf d'un amour pur et inconditionnel, mettent le grappin sur le premier venu pour se faire faire un mioche. Cela me semble être un bien mauvais départ dans la vie pour cette petite chose qui n'a pourtant rien demandé à personne. Et dès que la petite chose en question aura un caractère et des idées qui lui sont propres, il est possible que maman finisse par s'en désintéresser...

Cela dit, le monde étant ce qu'il est, et même si le désir d'enfant(s) s'installe bien malgré moi (et néanmoins avec insistance), l'idée d'être responsable d'une tierce personne – quand bien même elle serait le fruit de mes entrailles – me terrorise. J'espère être à la hauteur, le moment venu, pour armer mon enfant face à la vie, surtout si c'est une fille, car il n'est pas facile d'être une femme dans ce monde de brutes.
Mais est-il facile d'être, tout court ?
Car la société actuelle ne laisse que peu de place aux individus : la consommation frénétique, plutôt que de nous libérer, n'est bien souvent qu'un signe de frustration, et elle aliène davantage qu'elle ne délivre. Quant aux discours préfabriqués dont on nous abreuve jusqu'à plus soif, de la politique aux médias en passant par les arts et la culture, ils ne sont bien souvent que des messages visant à nous imposer ce que nous avons à faire, à dire, à penser.

Dans le même esprit, le féminisme a entraîné son lot d'effets pervers et d'interprétations obscènes au départ d'une idée pourtant noble, et il serait grand temps de réinventer les rapports hommes/femmes, ce qui ne se fera pas sans un minimum d'éducation.
Or, nous vivons à une époque où bien trop de parents croulent sous le poids de leurs responsabilités (quand ils ne sont pas purement et simplement démissionnaires), et le système éducatif n'offre guère plus d'espoir : les cours d'éducation civique et sexuelle (tout comme l'enseignement artistique) ont été relégués au rang des dispensables, au profit des langues vivantes ou mortes et sciences plus ou moins exactes, jugées, elles, d'utilité publique. C'est d'autant plus inquiétant que bon nombre d'enseignants choisissent actuellement cette voie pour la sécurité de l'emploi et les vacances scolaires et non plus par vocation. Ne me traitez pas de mauvaise langue : les exemples sont nombreux.

Je crois que, paradoxalement, la meilleure chose à faire est d'avoir beaucoup d'enfants et de prendre le temps de leur inculquer des valeurs telles que le respect de soi et d'autrui plutôt que l'esprit de compétition, comme c'est trop souvent le cas à l'école.
Et j'en profite au passage pour rendre hommage aux enseignants formidables qui, s'ils restent fort heureusement nombreux, semblent néanmoins être une espèce en voie de disparition. Pour en avoir un certain nombre dans mon entourage, je ne peux m'empêcher de garder, malgré tout, une lueur d'espoir.


Fond sonore : Aidan Moffat & The Best-Ofs, "Lullaby For Unborn Child".

Mise à jour (3 août 2013) : ce que j'en pense trois ans et demi plus tard.

40 commentaires:

Les tests de Gridou a dit…

Clap clap clap moi je dis !
Tip top ce que je peux ressentir :-)

La princesse a dit…

J'ai gueulé dans toute ma vingtaine que j'aimais pas les enfants. Et puis, j'ai un peu changé. J'envisagerais bien d'en avoir un à moi.
Maintenant que j'ai compris que vouloir un enfant, ça voulait pas dire "être d'une admiration béate devant ceux des autres". Et l'horloge biologique, je l'entends bien fort. Parce qu'on fait pas toujours ce qu'on veut.

Mademoiselle Catherine a dit…

Gridou: Merci, et bienvenue!
Tant mieux si je dis tout haut ce que d'autres pensent tout bas... Je me sens utile pendant ce temps-là ;)

Princesse: La donna è mobile, comme disait l'autre. Fort heureusement!

La princesse a dit…

Mais il est rare de pouvoir sortir du politiquement correct sur ce sujet :D
Et c'est pas trop le sujet de ta note, mais bonjour la pression qu'on nous met, nous les trentenaires "nullipares" qu'on veuille des enfants ou pas..

Mademoiselle Catherine a dit…

...et quand en plus la nullipare est sans homme (ni femme) à ses côtés, j'te dis pas la déprime !

Loreen a dit…

Quelle grande question ! :)
De mon côté, aussi l'horloge biologique fait son oeuvre...j'aimerai être môman et j'attends toujours (c'est pô faute d'essayer :-)) !
Sinon, pour en revenir "basiquement" à la questions, nombre de mamans de tout âge disent souvent à ce sujet (ds le cas de figure où on est en couple; si on est seule, c'est encore tout une autre série de questions qui arrivent) :"Faut pas se poser trop de questions, sinon, on ne fait pas d'enfants pour telles et telles raisons". Parait que dès que l'enfant est là, on ne se pose plus de ce genre de questions... :)

Maintenant, je "condamne" la société qui dit "il faut avoir des enfants". Bouh ! Si qqun n'en veut pas, que l'on respecte son choix et qu'on ne le regarde pas comme si c'était un/une E.T.

kim a dit…

J'ai peur de la trentaine précisément à cause de cette histoire d'hormones qui titillent l'idée de maternité exagérément. Cela dit, je pense que tous les arguments "contre" que tu as énoncé suffisent dès que l'idée m'effleure l'esprit (en fait, non, elle ne m'effleure pas, je fais des fois des cauchemars de moi sur le point d'accoucher et toutes mes responsabilités me défilent sous la tronche, je flippe comme si j'allais mourir et je me réveille en nage...).
Bref, je suis totalement d'accord avec toi sur tout.
SAUF...
Que je n'ai pas choisi l'enseignement par vocation mais pour la sécurité d'emploi (et les vacances, je t'assure que c'est vraiment nécessaire en tous cas en début de carrière. Burn out assuré sinon et je suis pas une feignasse). Cependant, même si je ne me sens pas l'âme enseignante, j'ai toujours mis un point d'honneur à assurer tout travail qui m'était payé du meilleur que je pouvais (je suis folle hein? Faire des accueils à la con de groupes à la Sound en me crevant pour être payée comme une couille par ex.). Et je réalise que je travaille des fois plus et mieux que certains collègues qui eux, s'en foutent royal. Je pense qu'il faut faire une nuance entre les gens qui ont du respect pour leur employeur (pour moi, ça reste mes élèves), le boulot qu'ils ont la chance d'avoir et les crétins qui ne feront que le minimum syndical dans n'importe quelle branche que ce soit :-)
Sur ce, j'ai fini ma journée de boulot qui a commencé à 8h du mat. Il est 1h du mat et je vais faire une sieste nocturne de 5h... Je vais mourir!

Miss Sunalee a dit…

To baby or not to baby ? c'est la question que je me suis posée toute l'année précédente et que je me pose encore même si la balance penche plutôt pour le non. Mais ça me fait peur de prendre cette décision. Dans deux ou trois ans, quatre maximum, elle sera définitive (je suis un peu plus âgées que vous toutes).
En même temps, est-ce que je veux cette responsabilité ? Mais surtout, est-ce que le supporterai physiquement ? Je passe la moitié de mes nuits à ne pas dormir, alors si l'autre moitié, je ne dors pas non plus parce que le petit pleure, je deviendrai un zombie en moins de deux semaines... On me dira: réduis ton temps de travail... mais non, je n'ai pas envie de gagner moins d'argent ni de me retrouver coincée à la maison. C'est assez égoïste tout ça mais ce n'est qu'une partie de ma réflexion qui comporte encore plein de points à résoudre. (suite au prochain épisode)

Loreen a dit…

Miss Sunalee, je ne pense pas que c'est de l'égoïsme de ta part. Au contraire, tu aurais un bébé "parce qu'il le faut" et que cela te pèse, là, je trouverai que c'est égoïste ...pauvre petite chose qui n'a pas demandé à venir au monde :). Donc, non, je ne te trouve pas égoïste.

Miss Sunalee a dit…

Merci Loreen !
Mais il est clair que l'argument de l'égoïsme ressort très souvent !

Les tests de Gridou a dit…

Meuh non ce n'est pas égoïste, Mademoiselle Sunalee. Tes réflexions en sont la meilleure preuve :-)

tatum a dit…

Bonjour Mademoiselle Catherine. Ce n'est sans doute le lieu pour dire ça, mais je n'ai pas trouvé l'accès à votre mail. Voulais vous informer que je vous ai citée ce soir dans mon blog. Allez-y voir, vous comprendrez pourquoi (il s'agit du grand George). Sinon... le temps est-il aussi cata à Liège qu'à Bruxelles ? Cheers,
http://susauvieuxmonde.canalblog.com/archives/2010/01/13/16510781.html

NeuNeu a dit…

(huhu le capchtruc est: perim)

Moi je serai sur de vouloir un bébé quand j'aurais la certitude que la mère potentielle ne le mettra pas au congélateur.

On y pense pas assez à ça, mais y'a déjà 2 ou 3 faits divers différents où ça a eut lieu, et le mari n'a rien vu!

Bref, on en arrive au théorème suivant: toute femme ayant un compartiment vide dans son congélateur n'est pas prête à assumer sa maternité.


Bon en fait, à mon age j'ai pas trop trop eu l'occasion d'y penser...Mais c'est pas drole de le dire sans bêtise

Mademoiselle Catherine a dit…

Eh ben... ça en fait du monde en tout juste deux jours!

Loreen: A vrai dire, je me pose moins de questions au sujet de la maternité en tant que telle. J'imagine que le moment venu, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, et que des milliards de femmes sont passées par là avant moi.
Non, ce qui me tracasse le plus, c'est le fait que, quoi qu'il en soit, les chances que je sois mère un jour affaiblissent à vue d'oeil, et ça me fait peur. Pas que je ressente une quelconque pression sociale, loin de là, mais je dois me rendre à l'évidence que mes "choix" dans ma vie amoureuse ont été assez désastreux ces dernières années. On ne choisit peut-être pas de tomber amoureux, mais au bout d'un moment, on décide de rester ou non avec quelqu'un. Et j'ai bien peur que cette décision m'ait fait perdre beaucoup de temps :(

kim: Tu fais ton boulot sérieusement, quoi! C'est à ça que je pense quand je parle des "bons" enseignants.
Et d'ailleurs, je trouve que tu travailles trop! On te l'a déjà dit récemment? ;)

Miss Sunalee: Je rejoins Loreen. Ce n'est pas de l'égoïsme, mais du bon sens! De toutes façons, c'est à chacun de décider de ce qui est bon pour lui.

tatum: Merci :)
Quant à mon mail, il se trouve en bas, à droite... Comme ça, c'est dit!

NeuNeu: Mon congélateur est juste assez grand pour accueillir une bouteille de Zubrowska et un sachet de glaçons. Pas de place pour un bébé, donc!

La Fée Relookée a dit…

Moi j'adore les enfants mais je pense que le principal c'est de suivre son coeur. Ce n'est pas un crime de ne pas vouloir d'enfant et c'est clair que l'idéal c'est d'abord de trouver l'homme de sa vie.

Mademoiselle Catherine a dit…

Nous sommes d'accord!
Bienvenue ici La Fée Relookée!

Wakajawaka a dit…

J'étais passé pour laisser (éventuellement) un commentaire et le seul que je puisse laisser c'est que je suis globalement d'accord avec ce que tu exprime dans ce billet !

Bien sûr, mon point de vue est extérieur (et même si on donnait la possibilité aux hommes d'être "enceint" cela n'y changerait rien, différences hormonales obligent).

Mais pour l'avoir vécu "en différé" ou avoir accompagné des amies qui étaient en plein dans les vécus et les ressenti que tu exprimes ici, je ne peux acquiescer.

anaïs a dit…

En tout cas Mlle Catherine je te trouve très honnête... c'est d'autant plus appréciable de te lire !
Bon week-end !

Wakajawaka a dit…

Edit de mon précédent message : "je ne peut QU'acquiesser"...

Mon "qu'" avait sauté à la frappe.
(honte).

Mademoiselle Catherine a dit…

@Wakajawaka: Il est certain que les hommes ont quelques années de plus pour se poser la question, encore que, arrive un moment où il vaut mieux laisser tomber (qui s'imagine aller inscrire ses enfants à l'Unif à 70 ans???)...

@Anaïs: Et encore, je ne dis pas tout, pudeur oblige!

IsaB a dit…

hmm je dois probablement être victime d'un sérieux décalage horaire. Cette sacrée horloge biologique n'a pas encore sonné le glas.

Pourtant, que n'ai-je pas entendu de "si une femme n'a pas d'enfants, elle n'est pas complète" et autres absurdités (et cela dans la bouche d'hommes autant que de femmes, vieux comme jeunes).

Bref, l'avantage est qu'on peut encore décider par soi-même.

Mademoiselle Catherine a dit…

Les phrases bêtes et méchantes dirigées vers les nullipares sont d'autant plus stupides qu'il ne s'agit pas toujours d'un choix, et j'ai quelques personnes dans mon entourage qui ont énormément souffert de ce genre de déclarations parce que justement, avoir un enfant était/est leur souhait le plus cher.
Et même quand il s'agit d'un choix conscient, je ne comprends pas en quoi cela pourrait poser problème à qui que ce soit...

Maintenant, concernant l'horloge biologique, j'y ajouterais effectivement un bémol 18 mois après la rédaction de cette note: le désir d'enfant que j'ai pu ressentir à une certaine époque était davantage à mettre en relation avec mon partenaire d'alors plutôt qu'avec un quelconque "tic-tac" interne ;)

Véro a dit…

Je crois que, paradoxalement, la meilleure chose à faire est d'avoir beaucoup d'enfants et de prendre le temps de leur inculquer des valeurs

On se pose beaucoup de questions avant. On se les pose aussi pendant : Est-ce que je fais bien ? Tu as raison de dire que la société actuelle ne laisse que peu de place aux individus ; en tout cas elle en laisse de moins en moins au parents... Tu veux leur inculquer des valeurs mais l'influence extérieur est telle que tu as l'impression de te battre contre des moulins ! Alors la seule chose de bien que tu peux faire c'est de les aimer. ca a l'air de rien mais c'est tout un programme !!!

A propos de maternité, je ne suis pas certaine qu'il faille une belle rencontre ?! En tout cas, aujourd'hui plus que jamais tu ne peux plus compter là-dessus. La question est peut-être de savoir si toi et toi seule tu te sens armée pour élever un enfant, si tu le veux.

J'ai vu une émission récemment qui parlait d'hommes célibataires qui adoptaient des enfants ; la vie ne leur a pas permis de faire de belles rencontres mais ils désiraient être pères plus que tout (comme quoi l'horloge biologique fonctionne aussi chez certains hommes !)

Il y a tant de mères célibataires de nos jours, que la belle rencontre, ça prend des allures de mythe !

Mademoiselle Catherine a dit…

Si, justement, je tiens à ce qu'il y ait une belle rencontre parce que je ne ressens pas de désir d'enfant dans l'absolu. Ou plutôt, il en va de mon désir d'enfant comme de ma vision de la religion: je n'ai pas vraiment d'avis sur la question tout simplement parce qu'elle ne se pose pas.

Tout comme je ne me connais pas de foi particulière, je ne ressens aucune espèce d'instinct maternel, et les enfants me laissent généralement de marbre. Pas que je les déteste, mais je les vois comme je vois les adultes: il y en a de très chouettes comme il y en a de très cons.

Après, les gens font bien ce qu'ils veulent, mais en ce qui me concerne, j'estime qu'on ne fait pas un gosse par caprice. Et faire un bébé tout/e seul/e (ou avec n'importe qui) parce qu'on veut un enfant à tout prix, je pense que c'est dommageable et ne peux pas m'empêcher de trouver cela très égoïste.

A 35 ans, je dois bien me faire à l'idée que je finirai ma vie nullipare, encore que rien ne soit figé dans le marbre.
Je ne sais pas, tout simplement.
Et dans le fond, j'aime assez bien l'idée que la vie puisse encore avoir des surprises pour moi :)

Mademoiselle Catherine a dit…

J'ajoute, car je viens de lire ce troublant témoignage et que j'ai vu "We Need To talk About Kevin", que ce qui me fait très (très, très, très) peur dans l'idée de maternité est l'éventualité de mal la vivre, de me rendre compte que je n'arrive pas à aimer mon enfant comme je le devrais (ou plutôt comme la société attend d'une mère qu'elle le fasse), voire de me retrouver face à une personnalité diamétralement opposée à la mienne avec laquelle je n'ai rien à partager.

Dans le doute, je préfère donc m'abstenir...

Anonyme a dit…

mon dieu que de questionnement !! quelle frousse ?
d'habitude cette peur c'est les mecs qu'ils l'ont(enfin ceux qui se sentent responsables de la "germination" de leurs graines ...;-) )
Alors conditionner ton désir d'avoir un enfant à une belle rencontre ne me parrait pas etre un bon pari dans la vie ... ;-(
les belles rencontres ne restent belles que dans le moment de la dite rencontre aprés il y a la vie ... les rencontres c'est toujours un risque, comme de faire un enfant est un "risque" également ... se rendre compte que tu n'a pas la fibre maternelle ou encore que ton gamin ne répond pas aux attentes que tu espèrais
je crois que tu ne prends pas en compte un paramètre qui te permettrais peut ètre d'avoir une vision plus "allègée" de l'avenir avec enfant, c'est le fait que cet enfant; individu à part entière est aussi partie prenante dans sa vie (plus ou moins intensément selon son age) et donc te décharge d'un poids que tu ne peut pas forçément maitriser.
La seul chose que l'on doit assurer (selon moi) c'est son intégrité sur le plan physique et psychologique (un environnement où il pourra se déveloper, de l'amour (du vrai pas du neuneu hein )) aprés libre à lui d'en faire ce qu'il en voudra .... voir peut ètre refuser ce qu'on lui donne voir ètre malfaisant (le film avec Tylda swinton ... ;-) )
Pour ma part j'ai considèré ma fille comme une sorte de livre ouvert sur la vie et ai vu les pages se tourner avec beaucoup de plaisir (la voir faire Ses choix, prendre Ses décisions ... revenir sur ses choix ....;-) se tromper l'autorisé à se tromper et en rire à postériori ) Bon parfois c'est difficile tout simplement parce que ètre parent c'est pas une situation "confortable" et il faut en ètre conscient (la surprotection des enfants en ce sens est une preuve flagrante du refus de certains parents à supporter cet inconfort ... surprotection à ne pas confondre avec de l'amour ... "neuneu")
Enfin tout ça pour dire que c'est interrant et comme disait V. Abril on peut se tromper de mari(de femme) d'amant( de maitresse) c'est pas bien grave faut juste prendre soins de choisir le bon mec qui sera père (mère) pour ses enfants ... et ce choix là il fout plus les boulles quand il est mauvaix à posteriori que que le choix d'un mauvaix mec (femme)
Niko

Mademoiselle Catherine a dit…

Je trouve étrange que vous focalisiez à ce point sur cette seule histoire de "belle rencontre", car à aucun moment, je ne parle d'amour éternel ou autre fantasme proche du conte de fée: je dis juste, en substance, que faire un gosse pour faire un gosse n'est pas ma tasse de thé et que j'ai énormément de mal à porter un regard bienveillant sur les femmes qui le font parce que, dans l'idée que je m'en fais, cela se doit de commencer par une rencontre (belle, si possible).

Est-ce un mauvais pari sur la vie que d'espérer une relation de couple épanouie? Je ne le pense pas.
Et pour répondre à ta remarque, mon (non-)désir d'enfant n'est nullement "conditionné" par cela: il est conditionné par la société dans laquelle je vis, comme je l'explique plus loin dans le texte.

Avoir un enfant ne doit pas être mon truc, tout simplement, puisque, comme je l'écris dans la note (et le répète dans les commentaires), la question, finalement, ne s'est jamais vraiment posée. Il n'empêche que je trouve très désagréables les commentaires accablants à l'encontre des nullipares (à plus forte raison quand ils partent d'une bonne intention... et ils partent souvent d'une bonne intention!). Par exemple, quand tu m'invites à prendre "en compte un paramètre qui [me] permettrai[t] peut-être d'avoir une vision plus "allégée" de l'avenir avec enfant", je le ressens comme une invitation à peine dissimulée à être mère.

Cette fixation sur un détail de la vie d'autrui (car oui, dans ma vie, la question des enfants est bel et bien un détail) me gave: beaucoup de gens (terme générique) adorent juger les femmes sans enfants comme des demies-femmes incapables d'amour, de partage et de compromis (je grossis volontiers le trait).
Quand on me parle d'instinct maternel, je n'ai aucune idée de ce que c'est et abonde dans le sens d'Elisabeth Badinter quand elle affirme que ce soi-disant "instinct" est acquis et non inné. Trois ans après la rédaction de cette note, je peux même affirmer que l'horloge biologique est une vaste couillonnade à laquelle j'ai pourtant cru: si j'ai pensé l'entendre à une époque, c'est parce qu'elle avait été induite par quelqu'un, comme je le disais déjà dans mon commentaire du 28 août 2011.

En outre, bien au-delà de la maternité, je pose aussi la question de l'éducation, et là, je pense avoir mon mot à dire, parce qu'il y a des enfants dans mon entourage et que j'espère participer, certes indirectement, à leur apprentissage de la vie :)

L'Ogre a dit…

Et voilà comment je vais devenir une espèce en voie d'extinction : plus rien à manger ! :)

Véro a dit…

Il y a effectivement des femmes qui semblent faire des enfants un peu trop facilement et j’ai des doutes quant à l’amour maternel comme motivation. Dépourvues d’ambitions professionnelles (?), parfois j’ai l’impression qu’elles cherchent surtout à se caser rapidement pour mener une vie « facile » de femme au foyer !!! Je sais que je porte un jugement, mais c’est que j’en connais deux comme ça dans le bled où je vis… o_O

Tes craintes sont parfaitement fondées. Parce que les enfants sont des individus à part entière, ils peuvent parfaitement ne pas répondre à tes attentes en termes de personnalité ou de choix de vie… parce qu’il ne faut pas se leurrer, les parents ont des attentes ! Déjà, la première : qu’ils intègrent les valeurs qu’on souhaite leur inculquer… Après, malheureusement, beaucoup de parents ont des attentes plus égoïstes et narcissiques ! Le cas le plus affreux que je connaisse est celle d’une amie. C’est une femme merveilleuse, débordante de gentillesse et de courage, malheureusement, à une époque où son fils nécessitait beaucoup d’attention, elle s’est retrouvée complètement débordée par son boulot, avec des tas de problèmes. Elle a été dépassée. Son fils n’est pas courageux pour un sou et pire, ouvertement raciste (en même temps je me demande si plus d'attention aurait changé quelque chose tant le gamin était pris dans un environnement extérieur nocif... ?) En ce moment, je ne suis moi-même pas très heureuse avec mon fils. Je ne lui reproche pas un manque d’ambition, mais un manque cruel de curiosité ; il se laisse vivre complètement et ne s’intéresse à rien. J’ai du mal à l’accepter… Bon, heureusement, parfois c’est tout le contraire, ils sont source de nombreuses joies. Avoir des enfants, c’est juste une loterie ! Ce n’est pas parce que tu l’as conçu et élevé qu’il sera la 8è merveille du monde ^_^ L’amour qui fonctionne le mieux avec eux, au fond, c’est un bon cocktail avec en tête « charis » : Tu donnes tout ce que tu peux et tu n’attends RIEN !!!

Voilà, ceci n’est absolument pas une incitation à avoir des enfants, c’est juste un aperçu de la galère que ça peut être, rien à voir avec les pubs ou les comédies qui nous vendent de jolis chérubins et de mères rayonnantes… ^_^ c’est comme le reste, avec des haut et des bas…

Si tu penses qu’avoir des enfants n’est pas ton truc, eh bien ne te casse pas la tête… vis ta vie comme tu le sens… malgré les pressions (je sais bien qu’elles sont là). Vis l’amour comme il se présente : Philia, harmonia… et un jour eros ou même pathos !









Véro a dit…

Suite...

Badinter dit que l’instinct maternel n’existe pas. Je ne sais pas si elle a raison ou pas. Peut-être. Des scientifiques se penchent depuis longtemps sur la signification de l’amour maternel et il résulte de leurs études, visiblement, des preuves biologiques et empiriques d'un attachement particulier de la mère envers son enfant, permettant par exemple à celle-ci de répondre aux besoins instinctifs de son nourrisson. Encore une fois peut-être. Et si c’était le cas, je ne crois pas que ce soit automatique, que toutes les femmes soient pourvues de cet « instinct ». Personnellement, je n’aime pas parler d’instinct. Je préfère parler d’amour, d’amour maternel et paternel, « storge » chez les grecs (il y a des hommes pour qui c’est très fort tandis que des femmes passent complètement à côté). Platon et Aristote s’évertuaient déjà à discuter le caractère inné ou acquis de l’affectation parentale.

Mademoiselle Catherine, je réagis au texte, et non pas à un détail de ta vie (je ne peux en mesurer l’étendue) et j’espère que tu ne le vois pas comme une incitation à faire des enfants (honnêtement je ne pense pas non plus que ce soit le cas de Niko). Ce que je prétends (que je pense) c’est que de nos jours, avec des relations qui sont de plus en plus éphémères on ne peut pas compter là-dessus pour faire des enfants. On peut espérer une belle rencontre et vivre une relation épanouie (je te le souhaite de tout mon cœur) mais pas avoir des enfants comme étant le fruit de cet amour.

L’amour peut se vivre de tas de manières différentes. Tu te souviens :

Pathos : l’amour passion, celui des coups de foudre, des comédies romantiques et des contes de fées
Eros : l’amour érotique, l’amour sensuel, le désir
Philia : L’amour amitié.
Harmonia : L’amour tendresse, spirituel.
Charis : L’amour inconditionnel, l’amour gratuit, sans conditions, désintéressé.
Pornia : l’amour infantile, celui qui attache le nourrisson à sa mère.
Storgé : L’amour familial, l’affection d’un parent pour son enfant…

Eros ou pathos n’ont rien à voir avec philia ou storge, ils peuvent se vivre ensemble (quand on a de la chance) mais aussi séparément (on est d’accord, par exemple, qu’il ne faut pas confondre sexe et amour !). Il est certes beaucoup plus facile (et encore…) d’élever un enfant à deux, mais il me paraît important aujourd’hui de n’avoir des enfants que mue par l’amour maternel, l'envie dans l'absolu d'avoir un enfant, avec ou sans homme dans sa vie. L’homme/la femme passe (on le voit de plus en plus) l’enfant reste…

Véro a dit…

Désolée, j'ai inversé le texte, ça commence avec Badinter... o_O

Anonyme a dit…

Non je ne suis pas maternaliste !!! loin de moi cette pensée
J'étais plutot centré sur la peur parce que moi aussi j'ai appréhendé la venue de ma fille (vais je ètre à la hauteur? vais je pouvoir assumé ?... etc vertigineuseries habituelles ...;-)) et je témoignais que malgré cette peur de départ j'ai été agréablement surpris par l'expérience.
maintenant Les décisions de chacun sont respectables et j'ai rencontré dans ma vie une femme qui a pris cette décision qui pour elle était irréversible (47 ans quand je l'ai rencontré et le tps impartis etait véritablement expiré) je lui ai demandé pourquoi elle a été clair et savait pourquoi et j'ai trouvé ça couillus parce que la majorité des femmes que j'avais rencontré auparavent étaient dans l'obsession d'avoir un enfant (obsession dont je n'ai jamais réellement perçu les motivations !!! est on plus femme quand on est mère ??? je ne crois pas ; les copines enfantent alors ils ne faut pas que je reste à la traine ?.... pathétique ... j'ai mème vu une nana qui pensait ça sauverai sont mariage ... ;-DD !!! )
Bref je crois que Véro a bien résumé la situation aprés expérience ...
Enfanter c'est un peu le saut à l'élastique sur le parapet d'un pont ... tu sautes ou pas et madame Badinter (ou autres philosophes) ne donne aucune réponses. Là dessus t'es face à toi mème.

@ l'ogre : je conseille les chatons en substitution (faut faire bouillir pour que les poils s'arrache mieux avant de déguster) ...et c'est plus tendre ;-D
Niko

Mademoiselle Catherine a dit…

@L'Ogre: Heureusement, les mormons sont là pour remplir ton garde-manger.
Et... euh... eux aussi.
De rien.

@Véro et Niko: J'ai passé l'âge de croire aux contes de fées et suis fort heureusement assez bien dans mes baskets aujourd'hui pour être relativement autonome en ce qui concerne mes besoins affectifs, à savoir que je n'attends pas d'un/e partenaire (ou d'un enfant) de les combler. Je ne dis pas que la vie amoureuse est dispensable, hein, loin de là, c'est même drôlement chouette :) Mais je ne mets plus l'autre au centre de ma vie... puisque c'est moi qui suis au centre de ma vie.
J'ai même bataillé tellement longtemps pour en arriver là que je ne suis pas prête à céder ma place à un chiard qui m'empêche de dormir et régit ma vie 24 heures sur 24, sept jours sur sept (à vie!).

Quant à Elisabeth Badinter, elle ne prétend pas que l'instinct maternel n'existe pas mais qu'il est avant tout culturel et non, comme beaucoup de gens aiment à le penser, inhérent à la femelle Homo sapiens. Une hypothèse avec laquelle je suis entièrement d'accord, car la vie de l'Humain moderne (et a fortiori de la femme) ne se résume plus à la survie de l'espèce.
D'ailleurs, des tas de femmes sans enfants ont fait des choses exceptionnelles: Rosa Parks, Anna Jarvis (cette brave dame est à l'origine de... la Fête des Mères!), Harper Lee, Virginia Woolf, Anaïs Nin, Leni Riefenstahl, Katharine Hepburn ("I would have been a terrible mother. I’m basically too selfish.") (J'aurais été une mère terrible. Je suis trop égoïste.) et j'en passe...

Pour une femme à la vie bien remplie, s'entendre demander régulièrement pourquoi elle n'a pas d'enfants est passablement énervant (et potentiellement blessant quand ce fait ne résulte pas d'un choix), sans compter que cela sous-entend que toutes ses activités, aussi utiles et importantes soient-elles, ont moins de valeur que sa fonction reproductrice.

Imaginez un instant qu'on vous demande immanquablement: "Ah bon, vous n'avez pas de perroquet? Mais comment ça se fait? Un perroquet, ça change la vie, pourtant! C'est tellement dommage que vous n'ayez pas de perroquet".
Vous trouvez ça ridicule? Moi aussi. Et ça ne l'est pas moins quand "perroquet" est remplacé par "enfant".
Sans oublier la condescendance du sacro-saint "Évidemment, quand on n'a pas d'enfants..." (celui-ci reste rare, fort heureusement).

Pour clore le débat, je vous laisse sur une phrase de Kim Catrall:
"I realized that so much of the pressure I was feeling was from outside sources, and I knew I wasn't ready to take that step into motherhood. Being a biological mother just isn't part of my experience this time around."
(J'ai pris conscience que la plupart des pressions que j'ai pu ressentir venaient de l'extérieur, et j'ai su que je n'étais pas prête à franchir le pas de la maternité. Être une mère biologique ne fait tout simplement pas partie des expériences que je dois vivre.)

Et une autre de Renée Zellweger dont je partage le pragmatisme:
"Motherhood has never been an ambition. I don't think like that."
(La maternité n'a jamais été une ambition. Je ne pense pas comme ça.)

éric a dit…

Badinter a raison.

Du temps des premiers hominidés, l'enfant n'était pas un enfant mais un "petit" pris en charge par toute la tribu dans le seul et unique but de maintenir cette tribu vivante et pas spécialement d'ailleurs pour la faire croître en nombre.
Les premières tribus d'hominidés étant nomades et autarciques, le nombre d'individus les composant devait obligatoirement être à la fois stable et faible.

L'invention de la sédentarisation qui suivi celle de l'agriculture a chnagé la donne quant au rôle du "petit"...

L'idée de "l'enfant" (symbole de la continuation de soi) est une des nombreuses erreurs de la civilisation.

Faudrait vraiment que je m'attelle à la rédaction de mon idée "d'élevage collectif" dont je vous ai déjà parlé il y a quelques temps...

Anonyme a dit…

Eric oublie que nous sommes des bébés avant d’être des petits. Pendant la préhistoire, les femmes portaient sur elles leurs bébés jour et nuit, partaient à la cueillette avec eux sur le dos ou sous le seins (?) pour manger à leur faim (il n’y avait pas de balance pour les peser…). Une fois plus autonomes (pouvant marcher et mâcher) ils étaient pris en charge par la communauté. La société s’est organisée de telle sorte que ce sont finalement les parents biologiques qui ont pris en charge l’éducation des enfants, normalement, jusqu’à leur autonomie complète.

éric a dit…

« Pendant la préhistoire, les femmes portaient sur elles leurs bébés jour et nuit...

Euh... ça, on n'en sait absolument rien. C'est une représentation actuelle pour mieux "coller" à nos habitudes et "créer de l'affectif" avec nos ancêtres.
L'organisation sociale des groupes a pu largement varier d'une vallée à l'autre en fonction de critères dont on connait finalement peu de choses.

Quand bien même les eurent-elles porté, portaient-elles "leurs" bébés ou (plus vraisemblablement, à mon avis) ceux de la communauté ?

Véro a dit…

Si je puis me permettre, on imagine bien que les bébés avaient besoin d'être portés, protégés et nourris au sein. Jusque là OK ! Bien sûr impossible de savoir si les femmes portaient le leur ou si tout ce monde se mélangeait.

Néanmoins, il faut savoir que lorsqu'on met au monde un bambino, il y a chez la femme une montée de lait... qui peut faire très mal si personne vient se servir. Je sais qu'éric préferera toujours imaginer que tous les mecs de la communauté se précipiteront pour étancher leur soif... même avec du lait, mais personnellement je penche pour le bébé qui vient de naître. Je vois une certaine logique à ce que la femme qui vient d'accoucher nourrisse tout de suite le bambino, sans commencer tout de suite l'échangisme.

Après, pour des tas de raisons (le décès de la parturiente, une incapacité quelconque, problème avec le lait...) d'autres femmes pouvaient subvenir aux besoins du bébé. Peut-on poser la question : pourquoi ?

Je suis impatiente de lire ton article sur l'élevage collectif...

Mademoiselle Catherine a dit…

N'avait-je pas suggéré que le débat était clos?
D'autant plus que ça digresse furieusement ici, j'ai l'impression... Vite, éric, ton article sur l'élevage collectif pour faire diversion!

Anonyme a dit…

On parle d'échangisme ici ?? ... ;-)
Niko

Véro a dit…

C'est la faute à éric... ^_^